J’ai fait : un cours de méditation Vipassana

Sur ce blog, on parle beaucoup de nourriture et de santé. D’ailleurs, comme vous peut-être, je prends soin de mon corps : je fais du sport, je mange sainement, je vais chez le médecin lorsque je suis malade. Pourtant, à maintenant 30 ans, j’ai réalisé que je négligeais ma santé mentale. Je ne souffre pas de telle ou telle pathologie – si l’on excepte l’anorexie à l’adolescence, et les traces qu’elle a laissées. Est-ce pourtant une raison pour oublier de prendre soin de mon esprit ? Comment soigne-t-on sa santé mentale, d’ailleurs ?

C’est mon petit ami qui m’a parlé de Vipassana pour la première fois. J’aime cet homme pour de multiples raisons, dont le fait qu’il soit calme, raisonnable, plein de compassion envers tous les êtres vivants – même les méchants -, clément, lucide, généreux, et pour les mille autres qualités qu’il me reste à découvrir. J’ai toute ma vie été la victime inconsciente de mes émotions, en particulier du stress. La présence de Justin m’est devenu précieuse et source d’apaisement. Avec lui, j’ai découvert la méditation Vipassana, qu’il pratique et à laquelle il attribue une bonne partie de son équilibre mental. J’ai fini par postuler pour un cours de 10 jours, pour apprendre à soigner mon esprit.

Dans cet article, j’ai envie de vous raconter mon expérience du cours de 10 jours et de vous parler de ce que cette technique m’a apporté. Deux avertissements sont de rigueur :

  1. Je ne peux pas expliquer Vipassana en détail, car je suis bien trop débutante pour en parler correctement. J’explique plus bas de façon sommaire ce que j’ai compris de la méthode. Pour mieux comprendre de quoi il en retourne, vous pouvez lire ceci, puis ceci ou cela. Cela vous aidera à comprendre mon récit sans que la technique ne vous semble obscure.
  2. Vous l’avez compris, je débute. Avec 1 mois et demi de pratique, même intense, je suis encore un bébé. Cependant, je vois déjà les bénéfices de Vipassana dans mon quotidien et j’espère, par mon témoignage, inciter certains d’entre vous à essayer !

* * *

Vipassana : la théorie.

Vipassana aurait été découverte, pratiquée et enseignée par Siddartha Gautama, l’un de ces êtres dits « sages » que le sanscrit nomme « bouddhas ». Gautama comprit que le malheur des hommes vient de l’ignorance. Qu’ignore donc l’Homme ? Il ignore les interactions étroites entre l’esprit et le corps, entre les processus mentaux et les processus physiques, matériels. Que se passe-t-il vraiment dans notre corps, à chaque instant de notre vie ? Pourquoi certaines sensations surviennent-elles ? Quelles sont les conséquences de ces phénomènes physiques ? A quelles lois mon esprit obéit-il ?

Selon le Bouddha, nous sommes dominés par notre ego, une belle image de soi-même dont l’on prend soin, à laquelle l’on est attaché et à laquelle l’on finit même par s’identifier. Tout ce qui égratigne notre ego nous fait mal, occasionnant le rejet : les insultes, l’échec, la douleur… Tout ce qui l’embellit, le valorise, nous plaît et devient l’objet de nos efforts : les compliments, les diplômes, l’argent, les plaisirs, l’amour.

S’ensuivent des cercles vicieux d’aversion pour ce qui blesse et d’attachement à ce qui flatte. L’aversion et l’attachement sont la source du malheur : que survienne un évènement déplaisant, et nous voilà malheureux. Que survienne un évènement qui nous flatte, et voilà que l’on en redemande, générant du malheur lorsque la source de notre plaisir se tarit. Bien souvent, ce malheur n’est pas cantonné à nous : on le répand autour de nous.

D’après le Bouddha, les choses extérieures nous affectent de la façon suivante.

  1. Le cerveau perçoit une stimulation. Soit une sensation « physique », soit une sensation « mentale ».
    • Cas 1 : Un serveur dans un restaurant est très impoli avec moi.
    • Cas 2 : Pour la deuxième fois ce mois-ci, mon petit ami a oublié de faire les courses.
  2. Le cerveau reconnaît la stimulation et l’identifie.
    • Cas 1 : Je viens de me faire insulter.
    • Cas 2 : C’est vraiment de la négligence à mon égard. Je vais devoir sortir. Il me prend vraiment pour sa bonne !
  3. En réponse à cette identification, le corps répond par une sensation, commandée par le cerveau.
    • Cas 1 : Ma respiration va s’accélérer, mon coeur va se mettre à battre, j’ai chaud, je sens la colère monter.
    • Cas 2 : Je sens la colère monter.
  4. En réponse à cette sensation, notre cerveau génère une réaction.
    • Cas 1 : Je suis malheureux, on m’a insulté. Je réagis, peut-être, par la violence, en insultant mon agresseur, en faisant une scène. Si je suis timide, je vais au contraire me replier sur moi-même et souffrir en silence. Je mettrai plusieurs heures à me calmer.
    • Cas 2 : Je rumine l’injustice jusqu’au retour du coupable. Lorsqu’il arrive, comme un ressort, je déverse mon amertume sur lui. Une dispute s’ensuit, qui nous laisse tous les deux bien malheureux.

Vipassana cherche à rendre ce processus visible, en entraînant notre esprit à prêter attention aux sensations physiques décrites dans la 3è étape, et en entraînant notre esprit à y être indifférent. Ceci, dans le but de ne pas générer de réaction, car ce sont ces réactions qui créent le malheur. Malheur pour nous, mais aussi malheur pour les autres, comme dans le Cas 2 que je décris.

Vipassana, c’est une rééducation du cerveau. Par la méditation, l’on arrive à voir clair en nous-même, à comprendre nos actions et nos réactions. Cela permet d’appréhender les aléas de la vie avec équilibre, en ne se laissant pas abattre par les évènements averses, et en ne se laissant pas berner par les plaisirs vains.

* * *

Vipassana : la pratique.

On n’apprend pas Vipassana tout(e) seul(e) avec une application sur son smartphone, ou en se rendant à un cours une fois par semaine (de tels cours n’existent d’ailleurs pas). Dans cette tradition bouddhiste plusieurs fois millénaire, on apprend la méditation par immersion totale, sous la forme d’un « cours » de dix jours pour les débutants. Pour les plus aguerris, il existe des cours de 20 jours, ou même plus. Attention, « bouddhiste » ne signifie pas « religieux » : la technique est universelle car le Bouddhisme tient plus de la philosophie de vie que de la religion.

Le cours débute par l’explication des règles de conduites, ou Sila : ne pas tuer, ni voler, ni avoir des activités sexuelles, ni mentir ni consommer de drogue ou d’alcool. Cela est facilité par l’interdiction de parler ou de se regarder les uns les autres : pendant 10 jours, l’isolement est total. Cela peut sembler effrayant ou extrême. Pourtant, j’ai beaucoup aimé ce silence. Parler est une distraction et la parole est si souvent corrompue par nos égos que cette abstention m’a fait l’effet d’une cure de détox. Plus besoin de jouer un rôle, de feindre l’assurance (je suis une grande timide), de masquer mes défauts ou de chercher à être « cool »…

Tout est fait pour rendre la parole inutile : les lieux sont balisés, les consignes, écrites, sont affichées en tous lieux. Le ménage, la cuisine et autres tâches sont assurés, en coulisses, par d’anciens élèves venus donner 10 jours de leur temps à la communauté.

Pendant le cours, les seules activités autorisées sont la méditation et la marche, le repos et le repas. En arrivant, tout ce que l’on possède est remisé dans un petit casier : téléphone, livres, etc. Restent une brosse à dents, quelques vêtements. Pendant 10 jours, le dépouillement est total – une vie de moine. Enfin, les hommes et les femmes sont complètement séparés, sauf pendant les méditations de groupe durant lesquelles les hommes sont assis d’un côté, les femmes de l’autre.

La nourriture, végétarienne, est limitée à deux repas par jour. Pour les débutants, un fruit fait office de dîner, et je m’en suis réjouie. Les anciens élèves cessent de s’alimenter à 11 heures du matin – ce qui me fait frémir d’avance pour la prochaine fois ! Enfin, le cours est gratuit. Il est financé uniquement par les dons des anciens étudiants. Ainsi, comme les moines bouddhistes, pendant dix jours l’élève apprend l’humilité que procure le fait de vivre de la charité d’autrui. Cette humilité nous fait accepter le mode de vie assez spartiate : l’eau tiède des douches, la nourriture rare, les chambres communes.

L’emploi du temps est, comme le code de conduite, austère et monastique. La journée s’étale de 4h à 21h30.

  • 4h00 : lever
  • 4h30 – 6h30 : méditation
  • 6h30 – 8h00 : petit déjeuner + repos
  • 8h – 11h : méditation
  • 11h – 13h : déjeuner + repos, questions à l’enseignant
  • 13h-17h : méditation
  • 17h – 18h : goûter et repos
  • 18h – 19h : méditation
  • 19h – 20h : discours d’explication
  • 20h – 21h : méditation
  • 21h – 21h30 questions à l’enseignant pour ceux qui veulent
  • 22h : extinction des feux

Enfin, toute notion du temps disparaît. Les jours sont numérotés, et très vite j’ai oublié que l’on était mardi, mercredi, jeudi… Le temps est simplement rythmé par le changement des numéros affichés dans la salle à manger : jour 0, jour 1, jour 2…

Au début du cours, l’on apprend à fixer son attention sur la respiration : c’est Anapana, la méditation des débutants. Cela calme, apaise notre esprit agité. C’est difficile, car l’esprit est habitué à vagabonder. L’exigence augmente : il faut ensuite apprendre à observer les sensations sur la peau, dans une zone comprise entre la lèvre supérieure et les narines. Rien d’autre. Ne pas « inventer » de sensation, observer ce qui se passe – et il s’en passe, des choses. La concentration que l’on obtient est, bien souvent, le but ultime des techniques de méditations les plus populaires. Avec Vipassana, la concentration, au contraire, n’est qu’un outil. Un outil important, mais seulement un outil.

Au bout de trois jours et demi, l’on est à même d’apprendre la méditation Vipassana. Il s’agit alors, grâce à notre concentration, d’observer les sensations qui surviennent spontanément à travers le corps. L’on apprend à rester « équanime », ou indifférent, à ne pas réagir aux sensations. Ne pas éprouver d’aversion pour les sensations désagréables ni d’appétence pour les sensations agréables. Cette pratique nous permet, une fois de retour dans la « vraie vie », d’identifier les sensations lorsqu’elles surviennent, et d’y répondre par de l’indifférence. Ainsi, les réactions néfastes ne surviennent pas, du moins après un certain temps de pratique.

Le dixième jour, l’on pratique Metta, la méditation de l’amour pour tous les êtres. Cette étape veut que le méditant, par sa pratique, transmette tout l’amour et la paix qu’il ressent à tous les êtres vivants.

* * *

Mon expérience du cours de 10 jours.

Jour 0

Arrivée au centre, inscription. J’ai le temps de bavarder avec d’autres élèves, de me présenter aux 3 autres filles qui partageront ma chambre. Le « noble silence » commence en début de soirée. Couchée à 21 heures, j’ai du mal à dormir, l’excitation et l’angoisse me tiennent éveillée.

Jour 1

Le gong du réveil, à 4h, a un son mystique. Il fait encore nuit dans le hall de méditation. Chaque élève dispose d’un petit matelas carré pour s’asseoir. Des coussins sont disponibles pour améliorer sa position. J’ai du mal à trouver une posture confortable mais, par chance, je suis positionnée au dernier rang : je m’appuie le dos contre le mur. Le silence règne. Les élèves, une trentaine de femmes et une trentaine d’hommes, rangés de part et d’autre d’une petite allée centrale, font face aux deux enseignants, un homme (pour les hommes) et une femme (pour les femmes), séparation des sexes oblige. L’on n’entend que le bruit de la respiration et celui des cloches au cou des vaches de la ferme voisine.

Enfin… presque. Car, tenaillée par la faim, je fais du bruit. Plus exactement, mon ventre produit, sans cesse, les grondements les plus sonores. Je suis pétrifiée par la gêne. Cela dure environ une heure, pendant laquelle je peine à me concentrer, toute occupée à rentrer (inutilement) mon ventre pour faire taire ces bruits de tuyauterie.

Au début de chaque séance, des instructions sont données : toujours les mêmes. Je trouve fort utile que les explications soient répétées, même si elles sont très simples. Se concentrer sur sa respiration, l’observer avec calme et objectivité. Sentir son impact sur la peau, dans et hors des narines. Je suis effrayée de voir combien mon esprit est distrait. Toutes les 4 ou 5 respirations, il s’enfuit et pense à quelque chose. Il me faut parfois plusieurs minutes pour m’en rendre compte !

La futilité de ce à quoi mon esprit s’intéresse me terrifie. Ces errances brossent un bien vilain portrait de ma personne. Je suis également distraite par un foule de détails pratiques (charge mentale mon amie). Ai-je bien laissé toutes les instructions nécessaires à Justin pour prendre soin de notre orchidée ? N’ai-je pas oublié de répondre à un e-mail ? Au cours des 11 heures de méditation de cette journée, cependant, je constate que ma concentration s’améliore. C’est toutefois épuisant.

Il est étrange de ne pas parler, d’éviter le regard des autres. Depuis ma place au fond, je ne peux m’empêcher d’observer mes congénères entre les séances de méditation, d’essayer de deviner qui ils sont. Les repas sont délicieux. Je m’assied face à une fenêtre et mange lentement en regardant les arbres du dehors. Pendant les pauses je marche dans le petit jardin mais, surtout, je dors car je suis déjà fatiguée. Mes compagnes de chambre font de même. J’appréhende un peu les 9 jours restants. Je constate que les douches sont vides à la pause déjeuner et décide de me laver à cette heure-là, pour avoir un peu d’intimité.

Le discours du soir est une heure d’explications de la technique, de son but. L’enseignant décrit les difficultés rencontrées (il semble lire dans mon esprit : j’ai rencontré tous les problèmes dont il parle) et comment y faire face. C’est très instructif, et cela me détend et me rassure beaucoup. Je ne suis que difficilement concentrée, mais c’est normal, et l’on nous assure que cela va bientôt changer.

Le soir, une fois encore, je peine à m’endormir. Le manque d’exercice physique me gêne un peu. J’ai déjà faim : je n’ai mangé qu’une banane depuis 11 heures du matin. Je dors quelques heures.

Jours 2 et 3

Ces deux jours se ressemblent. Pendant la méditation, ma concentration augmente beaucoup. Je constate que mon esprit vagabonde différemment. Il erre vers le passé. Des souvenirs font surface de façon pas si aléatoire que cela. Des souvenirs très anciens ressurgissent. Plus tard encore, mon esprit s’égare lorsque je me surprends à verbaliser l’expérience que je vis, comme si je la racontais à quelqu’un. Il semble que cela soit fréquent chez les débutants.

La technique évolue légèrement : l’on ne se concentre plus sur la respiration uniquement, mais sur une petite zone entre le nez et la lèvre supérieure. L’idée est d’y observer, objectivement et sans réagir, l’impact de la respiration mais aussi d’observer les sensations qui surviennent sur la peau de cette région. L’esprit apprend à se concentrer sur une petite zone de la peau pour y détecter les fameuses sensations. Je suis surprise de voir combien j’en ressens, qui naissent et disparaissent spontanément.

Au bout d’un moment, mon esprit est assez aiguisé pour sentir beaucoup de sensations diverses. Des picotements plus ou moins intenses, des pulsations, le frôlement de l’air qui sort de mes narines. Parfois, cela me gratte. Parfois, je sens une sensation continue, comme des petites vaguelettes. Parfois, je ris intérieurement de penser que le moment fort de ma journée, c’est de ressentir des vibrations sous mon nez !

L’isolement me pèse moins, ou plus du tout, et je constate que je ne pense jamais au monde extérieur : à ma famille, à Justin, à mes amis. Je suis pleinement concentrée sur l’expérience que je vis. Pendant les périodes de repos, je marche un peu mais je suis déjà lassée du trop petit jardin. Pourtant, il est joli, plein de fleurs et d’escargots, mais je le connais déjà par coeur.

J’ai une routine bien rodée, que je garderai jusqu’au bout. Au petit-déjeuner, porridge et yaourt avec une chicorée. Puis un petit tour dehors, et je vais dormir. A midi, je déjeune, fais un autre petit tour dehors, bois une tisane et vais me doucher puis dormir. Au goûter, même chose. Je dors un peu mieux.

Jour 4

L’après-midi, on commence à pratiquer Vipassana. Pendant la première séance, guidée de bout en bout, je ne perd pas ma concentration une seule fois en deux heures. L’on m’apprend à me concentrer sur une petite zone de peau au sommet du crâne et à y observer les sensations, comme auparavant sous le nez. Puis, l’enseignant nous indique de déplacer notre attention. Sur le reste de la tête, du visage, du cou, des bras, des mains, puis de la poitrine, du ventre, puis du haut du dos, du bas du dos, des cuisse, des genoux, des mollets, des chevilles, des pieds, des orteils… Puis l’on recommence, encore, et encore, de la tête aux pieds. Dès que l’on ressent la moindre sensation, il faut l’accueillir avec un esprit égal, qu’elle soit agréable ou désagréable, puis se déplacer vers la partie suivante. Cette première fois, je suis dans une sorte de transe et chaque partie de mon corps, lorsque je l’observe, génère des sensations, plutôt uniformes, comme un souffle sur ma peau. Une expérience assez folle !

Pendant le reste de la journée, en revanche, je constate que certaines zones de mon corps sont « insensibles » : il me faut beaucoup de temps pour y détecter la moindre sensation. C’est en particulier le cas de mes seins et des zones les plus intimes. Je souris intérieurement en pensant que c’est probablement le résultat de 13 années passées à l’école chez les Jésuites ! (Nb : je suis athée)

A partir de ce jour, 3 heures de méditation par jour sont dites « avec forte détermination ». C’est-à-dire qu’il est interdit de bouger pendant chacune de ces trois heures. Je n’y arrive pas, car l’inconfort est énorme. Je cherche encore la « bonne » posture.

Ce jour-là, il pleut beaucoup et je ne peux pas aller dehors. Je deviens claustrophobe et commence à trouver le temps long pendant les pauses. Naturellement hyperactive, j’ai besoin de faire quelque chose. Le manque d’activités créatives se fait sentir. Alors je m’allonge, et suis bien forcée de réfléchir à ce que j’apprends sur moi ici. Je déconstruis mon égo, cette structure si instable. C’est finalement très instructif.

Jours 5 et 6

Je progresse dans la pratique de Vipassana. Des zones de mon corps se « débloquent » petit à petit (mais peuvent re-devenir insensible une heure après !). Mon esprit devient de plus en plus précis : je peux me concentrer sur des zones très petites et y détecter des sensations subtiles. A un moment, quelque chose de bizarre se produit : tout à coup, mon corps entier semble s’allumer : je ressens des sensations absolument partout, comme d’infimes vibrations à la surface de ma peau. Je parcours mentalement mon corps de haut en bas de façon complètement continue. Comme je commence à aimer ça, j’arrête : il ne faut pas ressentir de désir pour telle ou telle sensation, après tout ! J’apprendrai par la suite que cette manifestation s’appelle un « flux libre » ou « free flow ».

Pendant les pauses, je m’échappe dans le jardin et, dans les recoins isolés, je dresse de petits autels. Une étoile en pomme de pins, un coeur en petits cailloux blancs, ici et là, sur la mousse. Une forme de création artistique primitive qui me soulage. Je remarque les signes laissés par mes congénères. L’une d’elles (cette partie du jardin est réservée aux femmes) a fabriqué de petits cônes en feuilles pour chapeauter des pommes de pins plantées au pied d’un arbre. J’aperçois, un jour, un chat roux. Instinctivement, je me mets à lui parler : le son de ma voix m’étonne et me trouble.

Jour 7

Cette journée est agitée. Lors d’une séance de questions/réponses, des élèves se plaignent d’intenses douleurs lors des heures de forte détermination. Moi, adossée au mur, j’ai beaucoup moins mal. Tout à coup, je panique : c’est évident, ma position ne requiert pas assez d’effort. Je ne pratique pas Vipassana correctement ! L’angoisse déferle, comme si souvent chez moi. Je rumine : j’ai perdu tant de temps, je ne pratique pas bien, quel gâchis. Je suis envahie par l’un de ces flots de négativité, d’auto-critique et d’appréhension dont j’ai le secret.

Heureusement, je m’en ouvre à l’enseignante, qui rit gentiment et me rassure. Le but n’est pas de provoquer de douleurs pour ensuite s’entraîner à y faire face avec équanimité. Non. Les sensations, agréables ou désagréables, viennent d’elles-mêmes. Mon rôle est seulement de les observer sans y réagir. Je suis rassurée. Je réfléchis aussi à la réaction que je viens d’avoir. La brutalité de cet accès de négativité m’apparaît totalement pathologique. Pourtant, j’ai été ainsi toute ma vie. Je ressens, pour la première fois, combien mon anxiété, ce poids que je porte depuis toujours, est délétère.

Le soir-même, quelque chose d’étrange se produit. Alors que je m’allonge dans mon lit, subitement mon coeur se met à s’emballer. Il bat fort et vite. Trop fort, trop vite. Je n’entends que lui, dans ma poitrine, dans mon cou, jusque dans le crâne. Des pulsations intenses, qui font vibrer tout mon corps. C’est exactement ce que je ressens lorsque je subis un stress intense, ou une crise d’angoisse. Un peu d’introspection, cependant, me fait comprendre que je n’ai aucune angoisse ni aucun stress, mais en ressens tous les symptômes physiques. Je ne dors pas de la nuit, tentant d’accueillir avec équanimité ces manifestations tellement désagréables. Pourtant, elles cesseront pas jusqu’à mon retour à Zürich.

Jour 8

Toute la journée, mon coeur bat comme un fou. Ressentir la panique au niveau physique arrive parfois à me faire paniquer mentalement. Mon cerveau trop scientifique ne peut s’empêcher de trouver la situation anormale, inquiétante. Je me demande si l’intensité de l’effort que requiert la méditation m’a « cassé » le cerveau. La plupart du temps, heureusement, j’arrive à maintenir un état d’esprit serein. Cependant, mon coeur bat si fort que mon corps entier en est secoué, ce qui mine totalement ma concentration. Ce jour-là, je n’arriverai pas à méditer. J’envisage même de partir.

Rétrospectivement, cette journée fut sans doute l’une des plus productives de mon séjour. Face à des sensations extrêmes, j’ai été forcée de m’entraîner à garder mon calme, à maintenir un esprit égal, à ne pas ressentir (trop) d’aversion pour ces sensations indésirables. Mais cela, je n’en prendrai conscience que plus tard. Sur le moment, c’est simplement un calvaire.

La nuit, seule dans mon lit, la panique prend à nouveau le dessus. Je ressens un intense besoin de contact humain. Je me retiens pour ne pas me précipiter sur l’une de mes compagnes de chambre pour qu’elle me prenne dans ses bras. Je m’enlace moi-même dans mon lit, en position foetale, pour me donner l’illusion d’une présence amie autour de moi. Je m’endors quelques heures.

Jour 9

Je commence à m’habituer à mon coeur qui bat la chamade. Je reprend la méditation, doucement. J’ai besoin de beaucoup d’heures d’Anapana (la méditation sur la respiration) pour me concentrer, mais cela me calme. Lorsque je suis suffisamment calme, je pratique Vipassana. Malgré tout, je ne peux pas travailler 11 heures entières. Parfois, je m’allonge sur mon lit et je m’efforce de rester équanime sans méditer. Malheureusement, je ne dors pas de la nuit.

Jour 10

Ce jour-là, en milieu de matinée, le silence est rompu. L’on peut parler, même aux hommes. C’est très agréable, presque festif ! Je parle à beaucoup de personnes, toutes ont une histoire passionnante. Je rencontre des russes, un afghan, une américaine, une éthiopienne, des allemands, des suisses, des français, un iranien… Les conversations sont gaies et animées. Tout le monde rayonne.

La méditation redevient plus facile. En fin de journée, lorsqu’on nous enseigne la Metta, la méditation de l’amour pour tous les êtres, je ne peux pas le faire, car à ce moment-là, je dois à nouveau travailler sur ma respiration pour me concentrer. Cependant, le soir, lors de la dernière séance, j’arrive à pratiquer Vipassana de façon continue à nouveau. Je ressens d’intenses douleurs dans chaque partie de mon corps, comme des coups de couteau. Au moment de me coucher, une crise d’angoisse massive s’annonce. Cette nuit-là, encore une fois, je ne dors pas…

Jour 11

Après la méditation du matin, la dernière, et le petit déjeuner, l’on range nos chambres et participe au nettoyage complet du centre. C’est joyeux, affairé. Bien sûr, je me propose pour le nettoyage de la cuisine, l’occasion d’admirer le fonctionnement de cette mini-usine qui nourrit presque 80 personnes par jour ! L’heure du départ a sonné.

Et après

De retour à Zürich, Justin et moi avons décidé de méditer 2 heures par jour, matin et soir. C’est le temps recommandé pour pouvoir à la fois progresser et ressentir de réels bénéfices. Rassurez-vous : j’ai rencontré beaucoup de méditants qui pratiquent moins fréquemment mais auxquels la méditation apporte des bienfaits notables. Nous avons décidé d’essayer le plus longtemps possible… et pour l’instant, nous tenons la route.

* * *

Ce que la méditation m’apporte

Il est très différent de méditer dans le cadre du cours, et chez soi, dans la « vraie vie ». Dans la vraie vie, les distractions sont innombrables, de même que les sources de stress, et la concentration s’en ressent. Je constate, déjà, que je suis plus consciente de mes vieux réflexes d’autrefois. J’ai tendance à réagir au quart de tout à tout ce que je perçois comme une agression. Légèrement paranoïaque, je me sens souvent agressée. Grâce à Vipassana, j’ai appris à repérer les manifestations physiques de la contrariété, de la colère. Dès que je les ressens, je me force à m’arrêter pour respirer, analyser la situation, et surtout me taire afin de ne pas envenimer la situation par de l’hostilité. Bien souvent, je me rend compte qu’il ne s’agit pas de grand chose… juste de ma sensibilité à fleur de peau.

Je suis plus détendue, plus concentrée au travail. Je suis aussi moins timide. En effet, j’ai compris que les situations dans lesquelles je dois m’afficher – demander un service, me présenter à un inconnu, parler en public – sont une source d’immense stress. Ce stress se manifeste par de l’inconfort physique auquel je réagis par le repli sur moi-même, de l’évitement, puis par de l’auto-critique acerbe (« Quelle nulle, tu n’es même pas capable de… »). Maintenant, j’arrive à analyser ce qui se produit en moi et cela m’aide à surmonter mes peurs. Je ne suis pas devenu extravertie, loin de là, mais certains malaises deviennent moins inconfortables.

Enfin, je remarque que je suis moins stressée. Je l’explique, en partie, par le fait que les manifestations physiques du stress me sont plus visibles. Les reconnaître me permet de ne pas leur accorder d’importance et les empêche de rendre le stress plus intense. C’est incroyablement efficace, car avoir peur du stress augmente le stress…

* * *

C’était long… mais j’espère que cela vous a plus ! Be happy !

30 Replies to “J’ai fait : un cours de méditation Vipassana”

  1. Bonjour Hélène,

    Désolée d’aller à contre courant des commentaires ci-dessus, mais j’avoue un très grand malaise à la lecture de ton article : courte plage de sommeil, restriction alimentaire, isolement relationnel et social, douleurs et sensations de de malaise corporels intégrés comme une étape nécessaire et indispensable pour être salutaire, une bonne partie des ingrédients d’une manipulation sectaire et d’un lavage de cerveaux me paraissent réunis …
    Tu sembles en avoir tiré de grands bénéfices et je m’en réjouis pour toi, mais je reste très méfiante sur ce cours tel que tu nous le décris. Mais pas sur la méditation! :-)
    Belle soirée à toi

    1. Bonjour Valérie. Je comprends ta réaction, mais c’est une interprétation bien personnelle de ce que je décris.

      – On dort de 21h30 à 4h, soient 7h30 de sommeil, c’est plus que beaucoup de français.
      – Il n’y a que deux repas, mais on mange à sa faim. Puisqu’on ne fait qu’être assis, l’appétit disparaît et je n’ai jamais parlé de restriction. Cela permet au contraire de se rendre compte de ce dont on a vraiment besoin, car si on se « goinfre » à midi dans la crainte d’être affamé, la digestion est difficile et rend la méditation très pénible.
      – L’isolement est un CHOIX réfléchi de la part de chacun. Vivre 10 jours comme un moine n’a rien d’extrême à mon sens. C’est comme une retraite, une marche sur les chemins de Compostelle ou autre type d’isolement temporaire. Je trouve que cela fait du bien. On n’est pas seul, d’ailleurs, on vit aux côtés d’autres qui traversent la même chose, donc la sensation de solidarité est réelle.
      – La douleur physique est une réalité du corps humain. Il est nécessaire d’apprendre à la reconnaître et à la « gérer » émotionnellement. Avoir mal n’est pas salutaire dans cette méthode, mais ce qui l’est c’est d’apprendre à ne plus en avoir peur.
      – Tu dois t’expliquer si tu utilises des termes aussi péjoratifs que manipulation sectaire et lavage de cerveau. La méditation n’invoque aucun dieu et est totalement universelle puisque fondée sur la respiration et les sensations. Le cours est gratuit, il n’y a pas de « club » ou de « membres », on arrive et on repart sans attaches avec les personnes ni les lieux. Qui m’aurait manipulée et dans quel but ? Quel est le lavage de cerveau que j’ai subi ? Au bénéfice de qui ?

  2. Sara Tunési dit : Réponse

    Coucou Hélène, je suis Sara une de tes 3 camarades de chambre à Vipassana:-) je t’ai retrouvé grace à un article dans le biocontact sur des desserts aux légumes. Et j’avais déjà par le passé consulté ton site Green me up, sans savoir que c’était toi. Ça alors!!! Contente que tu ailles bien.. et ton article est super bien écrit, bravo!

    1. Coucou !!! Comme c’est drôle :-) sympa de te retrouver comme ça ! J’espère que tout va bien :) Bises

  3. Oui, je suis d’accord avec ta réponse, que je partage aussi totalement ! Effectivement, en Occident, on a eu du mal à penser le lien de l’âme et du corps de façon sereine (entre « le corps, notre tombeau » de Platon et, à l’inverse, le culte de l’apparence…). Seule peut-être la philo antique (!), avec son idéal d’ataraxie et d’équanimité justement, reprend cette valorisation de l’équilibre et de l’accueil/travail sur les sensations… C’est effectivement nécessaire de s’en rendre compte et de travailler dessus, je te l’accorde bien volontiers – peut-être d’ailleurs le terme « extrême » était-il mal choisi, j’aurais dû reprendre celui de Rose Citron, un peu plus haut, qui parlait de cours intensif ! Merci encore pour ce partage vraiment intéressant.

  4. Merci Hélène pour ta réponse!

    Effectivement, l’équanimité poussée à son paroxysme ne me dit rien du tout!^^ Mais cela me confirme que j’avais bien perçu le concept tel qu’il est! Je m’aperçois que le poids de notre culture est énorme, pour avoir quelques concepts de psychanalyse en tête, la libido, en tant que pulsion de vie semble d’avantage m’habiter que ce désir d’indifférence. Et puis, zut,j’imagine que les grands méditants doivent aussi n’en avoir rien à faire de la bonne nourriture, et ça c’est non ^^

    Et pour moi le terme de retraite n’a pas pour signification d’être retirée du monde, je le vois plus comme un moment à l’écart, en effet, avec un rythme différent et un groupe constitué, mais comme on peut aussi parler de retraite de yoga en fait!
    (d’ailleurs, j’aimerais beaucoup faire une retraite de yoga, ma seule expérience méditative jusqu’à présent étant le savasana à la fin de chaque pratique)

  5. Quel récit Hélène! Merci pour ce partage!
    C’est étonnant, tu es la 1ère à parler de cours et pas de retraite vipasana, disons que c’est plutôt intensif comme cours ^^
    Une petite question (en fait y’en aura plein!), comment as tu fais pour te rappeler si précisément de ton état pendant chaque jour, car j’imagine que tu n’avais pas le droit d’écrire pendant la retraite ? Belle mémoire en tous cas!
    Comme toi, j’adore écouter et lire les récits de cette retraite, les gens en reviennent profondément changés. L’expérience doit être si intense! Aussi bien mentalement que physiquement. je me demande comment mon petit corps réagirait…
    Il y a quelque chose qui m’interroge à chaque récit, et que tu reprends aussi, c’est cette idée d’être indifférent aux sensations qui nous arrivent. Alors ça aide pour les sensations déplaisante, mais je trouve tellement dommage de se priver des sensations plaisantes. Peut-être que je comprends mal la doctrine, mais cela me donne l’impression (comme le peu que j’avais saisi du bouddhisme) de devoir se détacher de ses passions, complètement et de devenir un être complètement neutre (je grossis le trait, mais c’est pour te faire comprendre^^)
    Malgré cette réserve (et plusieurs autres, notamment le fait de séparer hommes et femmes – et donc de supposer que tout le monde est hétéro ?!), cette expérience me tente, mais je crois que j’ai encore trop peur de ce que je pourrais découvrir sur moi :)
    Merci encore pour ce partage!

    1. Hello Azilis ! Pendant le cours, les enseignants utilisent toujours le mot « cours » (enfin, pour moi c’était en anglais/allemand donc « course » ou « Kurs »), jamais « retraite »… Il y a des profs et des élèves. Je pense que le terme « retraite » n’est pas du tout adapté. On n’est pas là pour se retirer du monde mais pour apprendre. Le fait d’être isolé est un outil pour apprendre plus vite, pas le but final.

      J’ai une bonne mémoire… enfin une mémoire à deux vitesses, je suis incapable d’apprendre quoi que ce soit par coeur de façon scolaire, mais je « retiens » tout de façon spontanée lorsque et je me souviens avec précision de toutes les périodes marquantes de ma vie, souvent avec le même niveau de détail (je n’ai pas tout raconté !).

      Pour ton autre question, je traduis le terme « équanimité » utilisé dans le cours par « indifférence ». L’idée est d’accueillir les sensations agréables et désagréables avec le même état d’esprit (aequus = égal / animus = esprit, âme en latin). Cet état d’esprit, c’est une sorte de calme, c’est le fait de ne pas être perturbé par la sensation, et on le traduit par « indifférence ». L’idée, c’est que la douleur et le plaisir sont les deux faces de la même pièce, et doivent être appréhendées de la même façon. Ce qui est agréable génère de l’attachement, parfois de l’addiction. Lorsque cela cesse, cela crée de la douleur (le manque, par exemple, la frustration…). Si l’on pousse le raisonnement à l’extrême, en effet, le méditant Vipassana accompli n’est jamais heureux ni malheureux, il est paisible, en paix, rien ne le dérange. Pour les bouddhistes, cet état est largement plus désirable qu’un état où l’on est balloté par les peines et les plaisirs, et on ne peut pas éviter la peine si l’on garde le plaisir. Tu vois ?

      Je ne dis pas que c’est souhaitable, cet état-là, mais l’idée me plaît. Pour moins souffrir, je suis assez prête à ressentir moins de joie parfois (je suis du genre soufflé, quand je suis heureuse ça monte, ça monte, puis ça retombe violemment). De toutes façons, je ne crois pas pouvoir un jour devenir un Bouddha moi-même ;-) D’ailleurs, j’ai lu un livre là-dessus et S.N. Goenka, un homme qui a largement diffusé Vipassana en Occident, disait que dans un couple de méditants Vipassana, le désir sexuel devrait naturellement finir par disparaître, comme toutes les « passions », et que l’harmonie atteinte est largement plus « désirable » que le fait de maintenir une activité sexuelle. Pas sûre que je trouve cela très tentant :p

      Je suis aussi d’acc pour la séparation H/F peu pertinente. Tout n’a pas forcément évolué, cela reste une tradition orientale issue d’un pays très conservateur. J’imagine mal des gens venir à ce cours pour choper, pour ma part, si j’avais côtoyé des hommes, mes hormones seraient restées bien tranquilles… donc ça m’a aussi semblé superflu. Mais vu autrement, je suis plus à l’aise avec des femmes pour ce qui est de partager les douches, de me balader en culotte dans une chambre, c’est sûrement culturel d’ailleurs, donc la ségrégation m’a permis d’être plus relax par moments. Mais à d’autres moment, ça m’a pesé. Je me demande si hommes et femmes vivent le cours différemment, mais il y avait une sorte de tension très féminine dans le groupe. J’avais l’impression que c’était plus détendu du côté des hommes (on les voyait dans la grande salle pendant les méditations de groupe). Il faudrait que j’y réfléchisse plus pour mieux analyser la chose…

      Quoi qu’il en soit, tu ne dois avoir peur de rien. On n’apprend que des choses utiles sur soi-même :)

  6. Merci beaucoup Hélène pour ton article, cela me fait penser toutes proportions gardées à ce que je ressens en vacances (le chaos des réflexions qui surgissent fait que je ne me sens vraiment bien que dans les tous derniers jours, et ensuite difficile, au contact retrouvé du stress parisien, de prolonger le plus longtemps possible le bien-être chèrement acquis !). Je vais l’emmener dans mes bagages, je suis sûre que ça m’aidera à prolonger encore plus les bénéfices de l’été !

  7. Coucou Hélène,
    J’ai fait le cours de 10 jours à Dhamma Sumeru aussi ! Il y a 5 ans. Tout comme je n’ai pas voulu échanger avec mes co-méditants à l’issue des 9 jours de Noble Silence, je n’ai lu que l’intro (ah le rappel du réveil à 4h du matin par le gong !! 😉) et la conclusion de ton billet, pas tes impressions, sensations et descriptions sur le cours. Pour ma part, c’est et ça doit rester une expérience très personnelle, et je ne veux pas que des commentaires extérieurs influencent mes ressentis, sensations et émotions. Chacun vit ces 10 jours à sa manière, arrive et repart avec ses bagages.
    Ceci étant, j’ai été très impressionnée par la présence et l’assiduité aux méditations de 2 femmes enceintes, une notamment dans son 8ème mois…
    Et outre le fait que je ne suis ni preneuse ni donneuse d’informations sur la façon dont on vit ce cours de 10 jours, je trouve que c’est vraiment une expérience que chacun devrait s’offrir au moins une fois dans sa vie.
    Be happy, old student! 💗

    1. Bonjour Nine, je comprends. Moi, j’avais envie d’en parler avec les autres, et avant le cours j’ai dévoré les compte-rendus que j’ai pu trouver sur internet. Ca m’a aidée à anticiper certaines difficultés, mais je comprends aussi que cela peut créer des comparaisons malsaines. Le cours peut être un succès sans que l’on ait vécu quoi que ce soit de transcendant, d’épique ou de bouleversant comme on peut le lire ou l’entendre ça et là. Dans mon cours également, une femme en fin de grossesse. Elle n’a pas manqué une séance (mais heureusement, elle avait un « vrai » dîner le soir !). Chanceux bébé ;-) Et quelques personnes âgées pour qui c’était assez difficile au niveau du dos, visiblement, mais aussi très assidus. J’ai hâte d’y retourner :) <3 Be happy!

  8. Merci pour ce bel article, intéressant et très instructif. Je t’admire pour avoir eu le courage et la motivation de te lancer : même si cela peut provenir d’un réel besoin, encore faut-il sauter le pas… Pour le moment, je ne me retrouve pas dans cette pratique, parce qu’elle me semble, pour moi, un peu trop extrême – mais, qui sait, peut-être en ressentirai-je un jour le besoin. Merci beaucoup en tout cas d’avoir partagé avec nous cette expérience forte et marquante, et de la faire connaître. Et, même si je te l’ai déjà dit dans ton article sur les galettes crétoises (testées et approuvées, d’ailleurs), je te remercie vraiment pour tout ton travail dans ce blog, qui a remplacé ma lecture du soir et m’a ouvert un monde de possibilités culinaires, que je soupçonnais à peine. Je t’en suis très reconnaissante.

    1. Bonjour Marion, je t’en prie. Et je comprends que la description du cours de méditation laisse penser que c’est « extrême »… Moi, je trouve extrême que prendre soin de son esprit soit totalement négligé dans notre civilisation… On sort de l’école la tête bourré de choses, on nous rabat les oreilles avec des recommandations alimentaires, des injonctions à faire du sport. Mais rien sur l’équilibre mental. Je trouve extrême que l’on doive se tourner vers des cultures aussi lointaines que celles de l’Inde, par exemple, pour trouver des disciplines qui prennent en compte le lien entre le corps et l’esprit (yoga, méditation, etc…).

  9. Je te remercie pour ta réponse.
    J’ai essayé hier soir, de faire l’exercice de sentir l’air sur la peau juste sous le nez. ça m’a fait un bien fou. Ta description des différentes méthodes, en plus de nous donner un aperçu, permet de faire quelques exercices chez soi. Et cela est proche de ce que j’ai pratiqué en sophrologie en cours particulier.
    Je pars avec le livre d’André dans mon sac à dos pour les vacances.
    En tous cas, 1h/jour ne devrait pas être trop difficile à trouver en faisant le ménage de choses inutiles. Surtout pour les bénéfices qu’on en tire.
    Alors encore merci pour ce coup de pouce.

  10. Bonsoir Hélène,
    tout ce que tu raconte est très intéressant, tant la théorie que ton ressentie.
    Je me retrouve beaucoup dans les 2 cas que tu présentes comme exemple…
    J’ai aussi bien noté qu’il n’est pas autorisé de regarder les autres. Quand on se juge (souvent par rapport aux autres) c’est une difficulté en soi.
    En te lisant, je me suis trouvée un peu ridicule avec mon livre sur la méditation de C. André. Et puis en me pensant ridicule, j’ai compris que je portais un jugement…Déjà, avant sans aller jusqu’à la méditation, se rendre compte que l’on porte un jugement de cette sorte est très instructif. Merci pour ce rappel.
    Je me permets quelques questions un peu pratique. Tu méditais un peu avant? Comme tu fais, je pense, toujours beaucoup de sport, que tu as une thèse très occupante, et que tu cuisines beaucoup,…comment avez vous réussi à intégrer 2h par jour de méditation?
    Bon rétablissement et bonne méditation.

    1. Non, il est bien André. Je ne cherche pas du tout à dire que toutes les autres façons de méditer sont inutiles.
      Avant, je ne méditais pas vraiment, j’essayais mais sans savoir vraiment quoi faire, donc c’était inutile. Mais j’aime à penser que j’avais déjà plein d’activités méditatives. Comme cuisiner, ce que je fais seule, en silence et en pleine conscience, ou faire le ménage, une activité qui m’a toujours fait un bien fou.
      Pour trouver 2h dans son emploi du temps, il faut faire des sacrifices. Je prends du retard sur mon courrier que je rattrape le week-end. Je ne vais plus sur les réseaux sociaux. Je lis moins les journaux – l’actualité est tellement stressante que cela me fait du bien. Bref, j’élimine ce qui est inutile. Mais forcément, je dois aussi sacrifier des occupations utiles, je n’ai plus le temps de regarder autant de documentaires ou de suivre tel ou tel cours en ligne… Mais en étant plus efficace au travail, je re-gagne un peu de temps aussi.

  11. oh merci mais j’avais regardé chez notre ami gogole :D :D
    c’est à l’autre bout de la France ……
    je vais me préparer psychologiquement ;)
    je ne suis plus à un départ près :D
    encore merciiii ♥♥

    1. Résé, je crois fermement que tu es capable de TOUT. <3

  12. Je te serre très Chaleureusement entre mes bras

  13. Merci beaucoup pour ce témoignage. J’ai très envie de tenter cette expérience un jour. Cela doit être tellement enrichissant. Pour le moment je ne me sent pas prête. Mais ton histoire résonne en moi…

    1. Il faut prendre son temps, se renseigner, faire le point sur ce que l’on attend de la méditation. J’ai mis un an à franchir le pas :)

  14. Merci pour ton retour d’expérience Hélène, c’était très intéressant ! Et bravo, je ne suis pas sûre d’en être capable… C’était où ?

    1. J’étais dans le centre suisse, dans le Jura. Il y a un centre en France et dans plein de pays du monde. Comme je le disais à Résé, les sites sont ICI dans l’onglet « lieux » !

  15. Cette expérience que tu as fait et ton récit sont vraiment passionnants ! <3 ça me fait très envie, et en même temps, ça me terrifie : rester assise 11h par jour ! :O Je n'arrive même pas à rester assise pour mes 20 minutes de méditation quotidienne… hum…
    En tout cas, merci, vraiment, pour ce superbe récit. Et bravo pour ce beau parcours :)

    1. Je pensais aussi ne pas y arriver, jusqu’au dernier jour j’avais la trouille et plein de doutes. Mais on voit vite qu’on va se faire du bien, même si on se fait du mal au passage, donc c’est très motivant. Et puis, 10 jours dans une vie, c’est peu finalement :)

  16. wouah !! bravo !!!!
    je vais reprendre le yoga à la rentrée, Natasha fait actuellement des articles sur la méditation, je vais m’y replonger aussi en septmbre , ais ton stage de 10 jours m’effraie encore un peu pour l’instant…
    je vais regarder s’il y aqque chose près de chez moi (j’en doute fort !)
    merci pour cet inspirant article !! vraiment !!!
    bises

    1. Pour Vipassana, il y a des centres un peu partout dans le monde, et le cours est le même partout (seule la langue change ;) ). Le centre français est en Bourgogne. En Suisse, c’est dans le Jura donc pas trop loin non plus. Tu peux trouver les centres ICI dans l’onglet « lieux ». <3

  17. Devaux Charlotte dit : Réponse

    Bravo Hélène! Quel courage tu as eu d’affronter ton monde intérieur pendant 10j, un jour il faudra moi aussi que je réalise cette introspection, peut être plus par le biais du yoga me concernant. J’ai hâte d’en savoir plus sur l’impact sur ton quotidien de cette pratique. Bonne continuation et merci pour tous tes articles, je m’y retrouve beaucoup.

  18. […] même dans les grandes villes ! Le matin, le soir après le travail ou pendant la journée. J'ai fait : un cours de méditation Vipassana | | Green me up […]

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