Salade de quinoa aux framboises et au basilic

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J’avais commencé à écrire ce billet sous la forme d’une revue du Web, avec mes lectures du moments et une petite sélection des sujets pour lesquels je me suis passionnée ces derniers temps. Et puis, tout à coup, ma vie s’est retrouvée sens dessus dessous.

Tout à coup ? Pas vraiment. Une rupture amoureuse, c’est comme un cancer. Cela débute par une lésion microscopique, invisible, dans une cellule du couple. La cellule cancéreuse se multiplie, grossit. Elle devient une tumeur qui envahit peu à peu les organes et finit par essaimer dans tout l’organisme. L’amour entre en phase terminale.

Contrairement au cancer, il existe un remède contre l’amour en phase terminale : la séparation. Seulement, comme beaucoup de remèdes, la séparation a des effets secondaires indésirables. Le manque affectif, le vide créé par l’absence de l’autre, encore si proche quelques jours avant. Les amis qu’il faut prévenir, amis bienveillants mais dont les réactions surprises et désolées n’apportent pas toujours le réconfort escompté. Les longs moments de rumination, de questionnements : Et si… ?, Depuis quand… ?, Peut-être que… ? Les regrets : J’aurais dû…, Je savais que... Les souvenirs refoulés, les micro-déceptions accumulées, les moments de déni, aussi infimes soient-ils, remontent en surface et rendent la décision irrévocable.

Le plus dur est d’admettre que l’on s’est battu pour rien, pendant longtemps et pas pour les « bonnes » raisons. Que l’on s’est peut-être battu(e) seul(e). Mais en amour, il est si facile de déraisonner, d’enfiler des oeillères pour ne voir que ce que l’on espère et de s’élancer au galop. Difficile d’être insensible aux pressions de toutes parts : le couple, c’est la norme du bonheur, un bonheur standardisé édicté par les magasines, le cinéma, les réseaux sociaux et les photos de mariage bobo-hipster sur Instagram. Pour peu que l’on manque de confiance en soi – je plaide très coupable – il est rassurant d’avoir quelqu’un à son bras et si ce quelqu’un est doux, gentil et intelligent, que demander de plus ?

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Eh bien, tout ! En amour, on a le droit d’être exigeant. C’est un devoir vis-à-vis de soi-même. Ce n’est pas ma première rupture et, comme à chaque fois, j’espère de tout mon coeur meurtri que ce sera la dernière. Chaque déconvenue amoureuse m’a apporté son lot de déprime, mais aussi un paquet d’enseignements et celle-ci ne fait pas exception.

Le plus important est de faire la paix avec soi-même. De chasser les regrets, d’envisager la rupture comme un tournant de notre vie, où l’on prend la direction d’un bonheur plus vrai, plus mûr, plus profond. D’accepter d’avoir peur de l’avenir, peur de la solitude, peur du travail de reconstruction qui s’offre à nous : tous ces sentiments sont si humains ! Il faut savoir les accueillir et puis, peu à peu, les dépasser. S’élever au-dessus de ses peurs. Se retrouver soi-même, se mettre à nu, (ré)appprendre à s’aimer tel que l’on est, dans son individualité. Etre un peu égoïste. Mûrir, enfin.

Cette recette est inspirée d’une salade goûtée dans un restaurant l’été passé. Je n’en avais pas attendu grand-chose… et pourtant, ce fut une révélation ! L’occasion de la recréer s’est présentée récemment et, malgré quelques twists bien personnels, je n’ai pas été déçue. Dans cette salade, du concombre, du basilic – formidable avec les framboises – et des graines de tournesol.

Idéale pour un pique-nique, elle contient beaucoup d’oignon (un remède efficace contre les insolations ai-je appris au cours d’une randonnée en raquettes à la montagne) et des framboises surgelées, ajoutées au moment du départ, dans le but de maintenir le plat au frais jusqu’au déjeuner. Après une heure et demie ou deux heures à température ambiante, les framboises ont décongelé, mêlant leur jus à la vinaigrette : c’est frais et fameux.

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Salade de quinoa aux framboises et au basilic

Pour 4 personnes

La salde de quinoa

  • 300 g de quinoa cru
  • 1 botte de radis
  • 1 concombre
  • 2 oignons
  • 300 g de framboises surgelées
  • 4 c. à s. de graines de tournesol
  • 3 poignées de feuilles de basilic

La veille, faire tremper le quinoa et les graines de tournesol (séparément) dans un grand volume d’eau froide. Le jour même, égoutter le quinoa, placer dans une casserole d’eau et porter à ébullition. Maintenir l’ébullition 5 minutes puis égoutter le quinoa et le rincer à l’eau froide. Egoutter les graines de tournesol.

Couper les radis en rondelles et le concombre en dés. Emincer finement les oignons. Hacher le basilic. Mélanger le quinoa, les radis, le concombre, l’oignon et les graines de tournesol. Ajouter les framboises et le basilic haché.

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L’assaisonnement

  • 3 citrons
  • 1 c. à soupe de purée d’amandes
  • 2 c. à café de purée d’umeboshi (à défaut, 2 c. à c. de moutarde et une pincée de sel)
  • 1 c. à soupe de miel
  • 2 c. à s. de vinaigre de cidre (ou de framboise)
  • Poivre noir

Presser les citrons. Mélanger le jus et tous les ingrédients restants et verser sur la salade.

40 Commentaires

  1. Salade faite ce soir, sans radis… Elle est délicieuse, merci. Bonne soirée Hélène

  2. bonjour !
    Je découvre ton blog à l’instant, hop que je mets direct dans mes favoris ! merci pour toutes ces recettes !

    1. Hello, bienvenue ;-)

  3. Bonjour Hélène,

    Merci d’avoir partagé cette belle recette malgré ces moments sombres que tu traverses.
    Tu parlais de livres, en voici deux que je te conseille du Barefoot Doctor :  » la vie que je veux » et « Liberez vous »
    Il y a beaucoup d’humour, des points d’auto-massage, de l’autosuggestion. Ces livres me font du bien dans les périodes difficiles et je me dis que ça peut peut être t’apporter un mieux être en ce moment.
    Il faut garder le bon, ce dire que l’on a appris et que le meilleur est à venir.
    Je te le souhaite de tout coeur
    Virginie

    1. Bonjour Virginie ! Merci pour tes conseils, je vais regarder ça, je ne connais pas ce monsieur ;-)

  4. Il y a les douleurs de la séparation, puis arrivent les bonheurs de ce que l’on vit plus intensément seuls : les amitiés, les petits riens, la nouvelle accessibilité que l’on offre aux autres, le fait d’être davantage dans le présent……Tout ceci nous répare et nous console.
    Il y a toujours un après…..Le tout est de rester le temps qu’il faut en surface de réparation et de ne pas négliger que 1 est quelques fois plus grand que 2 ;-))
    Merci d’avoir tout de même eu envie de communiquer sur cette salade qui a l’air délicate et délicieuse.

    1. Bonjour Véronique, c’est très vrai. Je commence à m’en rendre compte et à l’apprécier !

  5. Bonjour Hélène,

    ton analogie avec le cancer parle tellement bien. J’en suis certaine, dans quelques temps tu liras cet article avec beaucoup de recul, l’esprit léger. La pente est longue à remonter. Il y a beaucoup de hauts et de bas avant d’être stable. Mais ton bonheur n’en sera que plus grand.

    Avec quelques modifications (on fait en fonction du placard), cette jolie salade sera au menu ce midi, même si la météo me ferait plutôt opter pour un dahl épicé et crémeux comme je ne sais pas les faire.

    Je te souhaite plein de courage, de nouvelles expériences enrichissantes sur ce nouveau chemin que tu vas construire.

  6. Il faut souffrir pour être belle dit-on.
    Parfois, je me dis qu’il faut souffrir pour être heureuse.
    Tu sembles remonter la pente petit à petit, Hélène, je suis de tout cœur avec toi.

    Ta salade me plait beaucoup. J’aime ton astuce des framboises surgelées pour garder au frais et donner du jus.

    Mon restaurant préféré de Malmö m’a fait découvrir l’alliance framboises-betterave. On pourra y aller ensemble si tu as à envie de venir faire un tour ici un jour :)

    Je t’embrasse fort.

  7. Tu as de quoi être chamboulée. Cette recette douceur est parfaite pour se réconforter sans culpabiliser. Remets-toi vite, si je puis dire, et fais nous confiance pour lire à travers les lignes. Courage ma belle.
    Aurélie

  8. Merci pour cette recette.
    Elle aura un goût unique car ton histoire est unique.
    J’espère que tu es prête pour la prochaine histoire, car elle te guette !
    Carole

  9. En effet, ton billet est troublant… J’ai d’abord été curieuse de ce qui avait pu te passionner cet été, mais le propos dévié est tout aussi captivant, si on peut dire. La plume avec laquelle tu décris ce « cancer curable » est particulièrement prenante, fine et maîtrisée. D’ailleurs, tu le décris si bien qu’on se sentirait presque un sujet mûri depuis un moment, comme si cette séparation s’était faite il y a déjà 6 mois. Je suis impressionnée de ce que tu es capable de dire si cela s’est fait tout récemment. Chapeau…
    Quand j’en ai vécu une il y a quelques années, j’ai ressenti une douleur si violente que je pensais ne jamais m’en remettre. Pourtant, en vivant une seconde (comme quoi, rien ne promet qu’elles soient limitées), j’ai au moins pu me dire que j’avais donc su me remettre. Face à un deuil, quel qu’il soit, aucun propos n’est réellement apaisant, si ce n’est se dire qu’une rupture de l’histoire, c’est l’occasion de prendre d’autres chemins. Prenons-la telle quelle.
    Plein de courage à toi.

    1. Bonjour Anne. Je ne sais pas quand la séparation s’est réellement faite. Il y a longtemps, je crois. Tout s’était mis en place inconsciemment et, en effet, bien que cela ne soit vieux que de quatre jours, cela me semble déjà si lointain… Mais comme je n’ai guère été capable de penser à autre chose et que j’ai tendance à cogiter à 1000 à l’heure, ceci explique peut-être cela… J’ai pensé aussi ne jamais m’en remettre, mais cela n’a pas duré longtemps – je me surprends moi-même. Un bon livre de psychologie positive, une famille aimante et des amis distrayants, un peu de valériane pour dormir et peu à peu on guérit !

      1. Que je t’admire Hélène !
        De savoir si bien exprimer cette douleur, de pouvoir parler de recul et de guérison après seulement 4 jours ! De rester positive, de continuer à publier de belles recettes …
        Tes mots m’ont touchés au coeur. Ton ressenti est si proche de ce que je peux vivre, ça m’a donné les larmes aux yeux.
        Mais je n’ai pas ton courage, ni ta capacité de positiver et de rebondir. Difficile de changer de chemin sereinement lorsqu’on s’est rencontré il y a 20 ans, à l’âge de 17 ans, et qu’il faut tirer un trait sur un mariage que l’on croyait heureux, avec deux enfants au milieu…
        Je puise des forces dans tes mots (et dans ta salade) …
        Merci
        Camille

  10. Courage pour te remettre d’aplomb !
    Et merci pour cette joli recette rafraîchissante qui donne envie!

  11. Tu écris si justement et si joliment aussi. Je te souhaite plein de douceurs fruitées. De tout cœur avec toi

    1. Merci Béa ! C’est gentil :-)

  12. Ma chère Helene, tu me vois désolée devant telle nouvelle… Surtout si ton coeur en pâtit. Quand puis je t’appeler? Je t’embrasse de tout coeur.

    1. Demain matin peut-être ? Ou mardi soir ! Bisous, miss you…

      1. Demain matin je donne cours. L’après midi ou le soir tu ne peux pas? Sinon mardi soir ok. Miss you too…

        1. Je ne serai pas chez moi pendant 48h à partir de demain après-midi… Alors mardi, pas trop tôt, je serai rentrée vers 20h je crois ! Bisous Taïa !

  13. Je te souhaite de trouver la force d’être et de rester bienveillante envers toi-même 💚

    1. Merci Nat’. Ca n’est pas facile mais je m’aide de bons livres et d’amis bienveillants.

  14. Ooooh. Plein de courage. Merci pour cette jolie recette et les mots sur les maux.
    Cheer up.

  15. Hello,
    C’est assez troublant… Je vois ton article sur Hellocoton et je pense tomber sur une recette et bim ! C’est assez troublant de constater qu’on vit tous les mêmes choses, qu’on a tous essayé de sauver une relation mais tout seul, c’est juste impossible… Tu as très bien analysé et tout ça et je ne doute pas qu’il t’arrivera le meilleur :) Et ta recette est juste comme j’aime : simple, rapide et saine.
    Je t’envoie plein d’ondes positives ! (on n’en a jamais trop :))
    A bientôt !

    1. Aha, mais il y a quand même une recette, ouf ;-) Oui, qui n’a pas vécu cela ? Merci, mon stock d’ondes positives se renfloue peu à peu. A bientôt !

  16. Douce Hélène,
    Ce billet fait étrangement écho avec les soubresauts de mon coeur dans les dernières semaines, jours. Égoïstement peut-être, tes mots me font du bien. Il est toujours bon de se rappeler que nos petites tragédies prennent place dans tellement grand. Merci. Et plein de belles pensées.

    Et, cette salade! Elle me donne envie de me reprendre en main et de lâcher les pâtes! (Ha, ce besoin de réconfort!)

    Bon samedi,
    K.

    1. Bonjour Kolibri, comme c’est étrange… mais tant mieux si mes mots t’ont parlé. Oui, une petite tragédie, si petite, ne l’oublions pas. Bon dimanche !

  17. bonjour, quelle belle analyse de ce qui t’arrive, sur la rupture, sur celle de faire la paix avec soi-même et …en soi-même surtout! tout ce que tu as si bien exprimé dans un paragraphe….
    …..c’est ce que l’on nous enseigne , ce que la plupart des personnes font : viiite, se mettre en couple pour combler nos manques ! ce serait si bien de rencontrer quelqu’un qui ne comble pas nos manques mais qui, plutôt rajoute à notre plénitude l un long trajet qui se parcourt un pas après l’autre!
    …..ton chemin va se poursuivre avec d’autres parfums , d’autres intérêts souvent insoupçonnés quand on était avec l’Autre!!! je te souhaite bon vent , toutes voiles dehors et grand merci pour ton talent , créativité culinaires. plein de douceur vers toi! martine

    1. C’est gentil Martine ! C’est bien dit, « qui rajoute à notre plénitude ». Merci pour ta douceur, je l’ai reçue !

  18. Tu es vraiment douée pour décrire les choses de l’amour Hélène. Ce que tu dis est très vrai, s’il y a bien un domaine où l’on se doit doit d’être exigeant, c’est celui ci. Je t’envoie plein de remèdes magique pour ton coeur (garantis sans effets secondaires).
    Ta salade me plait beaucoup! Je dois faire à manger pour mes collègues lundi, je crois qu’elle va remplacer mon traditionnel taboulé :)

    1. Hihi merci Azilis. C’est peut-être parce que je ne suis pas douée pour le trouver que je suis douée pour en parler ? Nan, j’rigole, typiquement le genre de pensées négatives qu’il faut chasser ;-)
      Bisous

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