Beauté Green : le corps

beauté naturelle le corps

Eh bien, ça y est : l’intégralité de ma routine beauté, à présent bien rodée, ne comporte que des produits naturels ! Ce fut un parcours ponctué d’essais, parfois franchement catastrophiques, sur le seul cobaye dont je dispose : moi-même. Parce que si mon amoureux est toujours volontaire pour tester mes inventions culinaires, il est un peu plus réfractaire aux potions que je concocte dans la salle de bains…

Dans ce billet, dédié au corps, et dans le suivant, dédié au visage et aux cheveux, je souhaite témoigner du fait que l’on peut prendre soin de soi différemment, sans L’[email protected], Neutr*g&[email protected], [email protected] & Sh*ulders ou [email protected] ni leurs concurrents. Je parlerai donc d’hygiène externe, mais n’oublions pas que la première étape pour être naturellement belle (ou beau) est d’avoir une alimentation saine (et un esprit détendu). Comme la grande majorité de mes articles parlent fourneaux, je ne couvrirai pas cet aspect outre mesure ici !

Avec une maman dermatologue, j’ai été inondée depuis mon plus jeune âge de produits cosmétiques et d’hygiène de parapharmacie. Ma routine beauté comportait depuis toujours une vingtaine de produits quotidiens que je considérais comme absolument in-dis-pen-sables.

Cette multiplication des produits ciblés sur telle partie de notre anatomie (mains, visage, corps, paupières…), tel moment de la journée (jour, nuit, …) ou telle période de la vie (acné, vergetures, rides…) résultait en un insupportable encombrement dans ma salle de bains, sans parler du temps nécessaire pour appliquer chacun de ces élixirs.

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Autre inconvénient de taille : la portabilité ! Pour une escapade de deux jours, deux trousses de toilette pleines à craquer ne suffisaient pas et à mon arrivée, si j’avais oublié l’un ou l’autre produit, il me fallait rapidement compléter mon arsenal de guerre dans la pharmacie locale. « Comment ça, y’a pas de pharmacie dans ce trou ? Mais comment je vais faiiiiiire ?! »

Le coût prohibitif de certains produits d’hygiène est également l’un des facteurs ayant motivé ce changement. Il y a un an encore, les produits capillaires représentaient chez moi un budget mensuel équivalent à une semaine de courses alimentaires. Cherchez l’erreur… !

Mais enfin, et surtout, l’élément déclencheur de cette (r)évolution a été la réalisation des dangers, pour la santé comme pour l’environnement, que représentent les cosmétiques modernes…

Pourquoi les produits d’hygiène et de beauté sont-ils toxiques ?

Pendant des années, j’ai analysé la liste des ingrédients des aliments que j’avalais – c’était à l’époque où j’achetais des aliments transformés. Pourquoi n’avais-je jamais pensé à faire de même avec les cosmétiques que j’appliquais sur ma peau ? Comment avais-je pu croire que les litres de gel douche ou de shampooing qui filaient par la bonde de ma douche allaient tout gentiment disparaître dans la nature sans laisser de trace ?

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Lorsque j’ai commencé, j’ai paniqué. Mon premier réflexe a été de nier :

« Non, de toutes façons, les crèmes, ça reste en surface de la peau. »

« Et puis, si on les vend, c’est que ça n’est pas toxique. »

« Et puis, c’est une bonne marque, ce gel / shampooing / savon, ça ne peut pas être mauvais. Au pire, ça part dans l’eau de ma douche. »

« Et puis, il y a les stations d’épuration, alors ça ne pollue pas l’eau ! »

J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai cherché la vérité. Elle n’a rien de rassurant, la vérité. Par exemple, voici deux produits chipés dans la salle de bains de mon entourage :

Gel doucheAQUA/WATERGLYCERINDISODIUM COCOAMPHODIACETATE, COCO-BETAINEPEG-7 GLYCERYL COCOATE, SODIUM CHLORIDE, SODIUM LAURETH SULFATE, GLYCOL DISTEARATE, SODIUM GLYCOLATE, ACRYLATES COPOLYMER, CITRIC ACID, NIACINAMIDE, PEG-55 PROPYLENE GLYCOL OLEATE, PEG-75 SHEA BUTTER GLYCERIDES, POLYQUATERNIUM-7, PPG-5-CETETH-20, PROPYLENE GLYCOL, SODIUM BENZOATE, SODIUM HYDROXIDE

♣ Remarquons que l’ingrédient majoritaire de la plupart des crèmes, shampooings et gels-douche est l’eau (en latin, aqua). Je suis ravie de savoir que j’ai, pendant des années, dépensé une fortune pour… de l’eau.

♣ La glycérine (ou glycérol) est un lipide, non toxique et naturellement présent dans l’organisme. Il est produit industriellement à partir de propylène et joue un rôle hydratant et lubrificateur dans les produits cosmétiques.

♣ Les deux molécules suivantes, disodium cocoamphodiacetate et cocobetaine, sont des molécules présentes dans la noix de coco, aux propriétés tensioactives. En d’autre termes, elles empêchent la séparation des constituants du produit et la formation d’une phase huileuse en surface. Elles favorisent également la formation de mousse.

Bien entendu, ces molécules ne sont pas extraites de la noix de coco, mais produites industriellement. Elles sont potentiellement irritantes et susceptibles de causer des allergies.

♣ Le sodium laureth sulfate est un détergent et agent moussant, remplaçant le savon dans les produits d’hygiène du fait de son faible coût. Il est issue de la chimie industrielle. Il est reconnu comme irritant cutané (peau et cuir chevelu). En effet, en éliminant la couche lipidique naturellement présente à la surface de la peau, il rend celle-ci plus sensibles aux agressions.

♣ Les acrylates sont des plastiques, utilisés pour leur capacité à former des films et à conférer aux cosmétiques une texture agréable. Issus de la pétrochimie, ces polymères ne sont pas biodégradables.

♣ Les molécules contenant le sigle PEG (polyéthylène glycol) sont utilisées comme épaississants. Ces PEG, produits industriellement, ne sont pas biodégradables mais considérés comme non toxique pour l’organisme humain. Elles sont cependant présentes sous différentes formes dans la composition du produit (par exemple : PEG-55 propylene glycol oleate), obtenues par réaction avec d’autres molécules (ici, des lipides).

Leur non-biodégradabilité pose le problème de la pollution de l’environnement : à chaque douche, ces molécules polluantes sont évacuées avec les eaux usées et s’en vont gaiement perturber les écosystèmes. Plus d’informations sur les PEG, très courants dans les produits cosmétiques, dont données ici et .

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Shampooing « sans détergent » : AQUA/WATER/EAU, CAPRYLYL/CAPRYL GLUCOSIDE, PEG-150 DISTEARATE, PEG-6 CAPRYLIC/CAPRIC GLYCERIDES, SODIUM LAUROYL OAT AMINO ACIDS, PEG-15 COCOPOLYAMINE, LACTIC ACID, MANNITOL, XYLITOL, RHAMNOSE, FRUCTOOLIGOSACCHARIDES, DISODIUM EDTA, QUATERNIUM-80, PROPYLENE GLYCOL, SODIUM HYDROXIDE, METHYLPARABENPROPYLPARABENFRAGRANCE (PARFUM).

L’EDTA disodium, ou acide éthylène diamine tétraacétique est un chélateur : ce produit a la capacité de se fixer très fortement aux ions, tels que le calcium, ou les métaux (fer, zinc…). Il est utilisé comme conservateur, car en piégeant les minéraux, il les rend indisponibles aux bactéries dont le développement en dépend.

L’EDTA est difficilement biodégradable et n’est pas éliminé par les organismes. Les stations d’épuration le rejettent dans les eaux et l’EDTA termine son parcours dans les milieux aquatiques jusqu’à l’eau potable. L’EDTA ainsi lâché dans la nature piège les métaux lourds issus de l’industrie et les achemine jusqu’à notre robinet. Dans les milieux aquatiques, il interfère avec le développement des algues, nuisant ainsi à la biodiversité aquatique.

♣ Le propylène glycol : utilisé comme solvant, cette molécule issue de la pétrochimie est utilisée dans les shampooings car elle permet de lisser les cheveux. Le propylène glycol a également un rôle anti-moisissure. Potentiellement toxique pour les reins, il serait toutefois métabolisé par l’organisme et transformé en acide lactique. Il entre dans la composition de certains antigels et du liquide contenu dans les cigarettes électroniques.

♣ Les parabens (ici, méthylparaben et propylparaben) sont utilisés comme antifongiques et antibactériens. Ces conservateurs hautement polémiques sont utilisés massivement dans les cosmétiques. Ainsi, l’Homme y est-il régulièrement exposé. Les parabens ont la capacité de pénétrer rapidement et facilement dans la peau et se retrouvent alors dans le sang.

Les parabens ont une structure moléculaire relativement proche de certaines hormones : ils sont suspectés de perturber le système endocrinien (hormonal). Leur relation avec le cancer du sein n’est pas avérée, mais semble plausible. Des tests, hélas menés sur des rats de laboratoire, ont montré que les parabens réduisaient la fertilité des mâles. Plus d’informations sont disponibles ici. Ces molécules, employées également dans l’industrie agro-alimentaire, sont pointées du doigt comme cause potentielle de la drastique diminution de fertilité observée chez les hommes.

…  

Besoin d’air !

De plus en plus, ces dernières années, je ressentais un décalage entre mon mode de vie, de plus en plus écologique, et ce qui se passait dans ma salle de bains, dernier bastion du consumérisme irréfléchi à l’intérieur de mon home sweet home.

Lorsque j’ai décidé de prendre le problème à bras-le-corps, j’ai d’abord pensé à substituer à mes cosmétiques de parapharmacie des équivalents « bio. Le prix de ces produits m’ont vite dissuadée et, quitte à changer ses habitudes, autant le faire en profondeur, n’est-ce pas ?

Alors, j’ai traité chaque problème un à un et, peu à peu, en moins d’un an, j’ai vidé ma salle de bains de tout ce qu’elle contenait.

beauté naturelle le corps salle de bains

J’ai non seulement remplacé les produits industriels par des produits bruts et naturels : vinaigres, argiles, huiles végétales, savon naturel…, adopté des gestes et des techniques nouveaux, mais aussi réduit drastiquement le nombre de produits utilisés et de déchets générés : ma salle de bains est magistralement désencombrée et je voyage à présent léger !

Alors, qu’est-ce que je fais exactement ? Aujourd’hui, nous verrons tout ce qui concerne le corps. Dans un prochain article, nous parlerons visage et cheveux !

1. Le corps

Vous avez sûrement lu dans divers magasines ou entendu chez le dermatologue qu’il est primordial d’hydrater sa peau. Le film hydrolipidique présent en sa surface la protège des agressions microbiennes. Il participe également à maintenir l’hydratation des cellules de l’épiderme, en créant une barrière physique à l’évaporation de l’eau contenues dans ces cellules. Il entretient également le pH de la peau.

Le terme d’hydratation est cependant impropre, puisqu’il ne s’agit pas de nourrir la peau d’eau – même si boire beaucoup est essentiel pour avoir une belle peau. « Hydrater » sa peau signifie entretenir le film hydrolipidique présent à sa surface, le sébum, dont le rôle, primordial, est de protéger la peau. Ce film, composé de gras, s’entretient… avec de l’huile !

Les gestes d’hygiène traditionnels, utilisant des produits fortement détergents, c’est-à-dire éliminant les graisses, qui éliminent donc le film hydrolipidique, ou l’affaiblissent. Vous verrez par la suite que j’utilise un minimum de produits détergents et que je nourris ma peau avec une huile végétale. Les laits ou crèmes hydratants traditionnels sont en effet bourrés de conservateurs et d’agents chimiques polluants destinés à fournir une texture agréable, une pénétration immédiate ou un parfum envoûtant. En choisissant bien son huile végétale, on peut tout à fait arriver au même résultat !

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♣ Dans la douche, à sec, je frotte ma peau avec un gant de crin végétal (comme celui-ci). On peut également utiliser une brosse conçue à cet effet. Ce brossage dit « lymphatique » a deux effets.

→ Le premier est de dynamiser la circulation sanguine et lymphatique par des mouvements partant de l’extrémité des membres vers le cœur : pour les jambes, des pieds aux hanches, pour les bras, des mains aux épaules et sur le tronc, toujours en direction du cœur ou des aisselles, qui ne sont d’ailleurs pas à négliger, tout comme la plante des pieds ! Ces schémas indiquent le sens de brossage à favoriser.

→ Le second effet est un gommage : le frottement mécanique élimine les peaux mortes et nettoie la peau sans nécessiter de savon. Après un passage sous l’eau (pas trop) chaude, la peau est propre et prête à être nourrie. Et vous savez quoi ? Pas besoin de gel douche décapant et polluant !

♣ Une fois par semaine, j’effectue un « vrai » gommage, en insistant bien sur les zones plus épaisses : pieds, genoux, coudes. Pour cela, j’utilise cette recette (avec ou sans les épices !) ou, pour aller plus vite, du bicarbonate de soude. Le gommage à l’huile d’olive est agréable car il laisse sur le corps un film gras très nourrissant – à réserver au soir, donc, pour ne pas graisser vos vêtements.

♣ La plupart du temps, après le brossage, je n’ai pas systématiquement besoin de savonner mon corps tout entier, sauf les zones critiques que vous imaginez. Pour cela, j’utilise du savon d’Alep ou du savon de Marseille – avec une préférence pour le premier – dont je surveille la composition : ni colorants, ni parfums, ni huile de palme ! Je le choisis non glycériné, car si la glycérine, un lipide, donne la sensation d’hydrater la peau, elle a à la longue un effet irritant que je préfère éviter.

Le savon d’Alep est fabriqué à partir d’huile d’olive et de laurier, aux vertus apaisantes et antiseptiques, selon une recette ancestrale. Vérifiez qu’il porte un tampon, signe de qualité, et que sa couleur brune tire vers le vert.

♣ Avec une brosse à ongles et une pierre ponce, j’entretiens mes pieds facilement : des ongles propres et pas de peaux mortes sous les talons, c’est mieux !

♣ Je termine ma douche par un jet d’eau froide pendant le plus longtemps possible, de bas en haut puis sur le visage. Une minute, c’est déjà énorme ! Cela permet de raffermir la peau et stimule le système cardio-vasculaire (oui, votre petit coeur va se mettre à battre un peu plus vite !).

♣ Une fois sèche, je nourris ma peau avec de l’huile de macadamia, au délicieux parfum de noisette. Cette huile dite « sèche » pénètre rapidement et ne laisse pas de film gras, contrairement à l’huile d’olive que je trouve trop poisseuse. Je ne l’utilise pas tous les jours, mais seulement lorsque je constate que ma peau est sèche. Pour la faire bien pénétrer, il faut masser doucement avec des mouvements circulaires : autrement, l’huile ne pénètre pas et est absorbée par les vêtements ! On peut l’utiliser partout : jambes, hanches, tronc, seins, cou…

Cette huile est adoucissante et est réputée prévenir les vergetures. Elle est assouplissante et stimule la micro-circulation, sous la peau. En magasin bio, elle fait partie des huiles bon marché (au rayon des huiles alimentaires). L’huile de macadamia a vraiment tout bon !

2. Le déodorant

Ma première et plus important victoire reste celle du déodorant. Je n’aurais jamais imaginé pouvoir me passer de mon stick Rex*** au parfum chimico-chimique… eh bien, si, et je ne l’ai pas regretté !

Qu’est-ce que la transpiration ?

Le phénomène de transpiration est l’un des mécanismes dont dispose notre corps pour réguler sa température.

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Lorsque la température corporelle excède la température normale (voisine de 37°C), de l’eau est évacuée par les pores de la peau. En s’évaporant, la sueur provoque une diminution de température à la surface de la peau et une sensation de rafraîchissement.

La transpiration joue cependant un autre rôle : notre peau transpire en permanence, de façon quasi-imperceptible. Le pH acide de la sueur participe à l’équilibre de la peau, dont le pH, acide, est voisin de 5,5, en freinant le développement de bactéries indésirables. Au total, chaque jour, nous évacuons entre 1/2  et 1 litre d’eau par la transpiration et, en cas d’activité particulièrement intense, jusqu’à 3 litres.

La transpiration au niveau de certaines zones, en particulier des aisselles, est légèrement différente de celle du reste du corps, car elle contient des molécules organiques, dont des phéromones, dont la dégradation par les bactéries présentes sur la peau est responsable de l’odeur typique de ces sécrétions.

Que contiennent les déodorants traditionnels ?

Les déodorants anti-transpirant du commerce contiennent le plus souvent des sels d’aluminium. Les sels d’aluminium soulèvent d’importantes polémiques en raison de leur probable effet cancérigène, en particulier chez les femmes (cancers du sein). Un déodorant du commerce contient en général les ingrédients suivants :

  • Des agents anti-transpirants, sels d’aluminium ou de potassium ainsi que de l’amidon de maïs,
  • Des agents émollients (qui adoucissent la peau) : principalement des silicones, mais aussi des cires, des huiles ou des paraffines industrielles…
  • Des solvants, des parfums et des conservateurs (re-bonjour les parabens !).

Par exemple :

Antitranspirant stick de la marque Rex**a : Cyclopentasiloxane, Aluminum Zirconium Tetrachlorohydrex GLY, Dimethicone, Cyclomethicone, Cera Microcrystallina, Paraffin, Parfum, Silica, Sodium Starch Octenylsuccinate, Maltodextrin, Hydrolysed Corn Starch, Dimethicone Crosspolymer, BHT, Alpha-Isomethyl Ionone, Benzyl Alcohol, Benzyl Cinnamate, Benzyl Salicylate, Butylphenyl Methylpropional, Cinnamyl Alcohol, Citral, Citronellol, Coumarin, Eugenol, Hexyl Cinnamal, Hydroxycitronellal, Isoeugenol, Limonene, Linalool.

♣ En première position, on trouve un silicone, le cyclopentasiloxane. Dans les déodorants en stick, les silicones apportent une texture veloutée et un rendu sec, car ils permettent au produit de pénétrer et de sécher rapidement sur la peau. Dimethicone et Cyclomethicone sont également des silicones.

S’ils ne sont pas reconnus comme dangereux pour la santé humaine, les silicones ne sont pas biodégradables et ainsi extrêmement polluants. Par ailleurs, ils ne sont pas éliminés par l’organisme : les silicones pénétrant par la peau s’y accumulent. D’autre part, les silicones ont l’inconvénient de boucher les pores de la peau.

♣ En seconde position, un sel d’aluminium, l’Aluminum Zirconium Tetrachlorohydrex GLY.

♣ Cera correspond à de la cire tandis que la paraffine, comme on l’a vu, est une huile issue de la pétrochimie.

♣ L’anti-transpirant contient également de l’amidon de maïs (corn starch), seul produit naturel présent et destiné à absorber l’humidité qui aurait tenu bon aux sels d’aluminium.

♣ Mais ça n’est pas fini… L’énigmatique BHT n’est autre que l’hydroxytoluène butylé, un toluène, utilisé ici comme conservateur du fait de ses propriétés antioxydantes. Nous avions parlé des dangers présentés par les toluènes dans ce billet dédié aux vernis à ongles. Le reste des ingrédients correspond principalement à des parfums et à des solvants dont beaucoup sont des allergènes, comme le Butylphenyl Methylpropional.

Et les déodorants en spray ?

Les déodorants en spray sont encore plus diaboliques. Les aérosols sont une suspension de produits chimiques dans un gaz dit « propulseur ». Dans le flacon de déodorant en spray, ce gaz est comprimé pour occuper un faible volume. Les aérosols sont une source majeure de pollution atmosphérique et affectent la couche d’ozone, censée protéger la Terre des radiations mortelles du Soleil.

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D’autre part, les gaz propulseurs sont issus de la pétrochimie et leur processus de fabrication, bien entendu délocalisé dans des pays tels que la Chine, est hautement polluant et toxique pour les hommes et les écosystèmes.

Le déodorant est emprisonné dans des bombes métalliques, très robustes afin de résister à l’immense pression du gaz comprimé. Ces bombes sont composées d’acier ou d’aluminium, dont la fabrication comme le recyclage sont calamiteux en termes d’énergie et de pollution. Comme pour les gaz, ces métaux sont souvent produits dans des conditions environnementales et humaines catastrophiques dans les pays en voie de développement.

Par ailleurs, à chaque fois que l’on pulvérise du déodorant sur ses aisselles, on inhale les particules en suspension dans l’air. Grâce aux parfums de synthèse, on a l’impression de respirer un parfum agréable, mais il n’en est rien : on respire tout bonnement les produits chimiques et le gaz propulseur…

Par exemple, on peut lire ici la composition d’un déodorant en spray de grande surface : les gaz sont l’isobutane et le cyclopentasiloxane, hautement inflammables et polluants. Je vous laisse le soin de découvrir les autres composants de ce produit grand public…

Remarque : certaines marques « écologiques » proposent des déodorant en spray sans gaz propulseurs. 

Au secours !

Comment lutter naturellement contre la transpiration ?

Pour lutter naturellement contre les désagréments liés à la transpiration, trois modes d’action existent, à utiliser conjointement, évidemment :

  • Limiter la production de sueur en évitant les situations propices à la transpiration. Apprendre à maîtrises son stress, en s’initiant au yoga et à la méditation par exemple, peut s’avérer utile. On peut aussi veiller à porter des vêtements en fibres naturelles, qui permettent à l’air de circuler autour du corps : au contraire du coton ou du lin, les polyesters et autres tissus acryliques ne laissent pas respirer la peau et favorisent la transpiration et sa macération…
  • Absorber l’humidité lorsqu’elle survient : pour cela, le meilleur produit naturel est la fécule (de maïs, par exemple) ou l’argile ventilée.
  • Neutraliser les odeurs : pour cela, le produit simple le plus efficace est le bicarbonate de soude ! Attention, cependant, il peut être irritant lorsqu’il est utilisé seul, car son pH basique est très éloigné de celui de la peau, c’est pourquoi la recette ci-dessous comprend de l’huile de noix de coco pour limiter le contact du bicarbonate avec la peau, en plus de faciliter son application. On peut également utiliser des huiles essentielles au parfum agréable.

J’utilise ainsi un déodorant « fait maison » à base d’huile de noix de coco, utilisée pour ses propriétés hydratantes et apaisantes et pour sa forme solide à température ambiante. Je suis (presque) scrupuleusement la recette d’Ophélie. Ce déodorant dure plus longtemps que ceux du commerce. S’il ne protège pas contre une humidité excessive, il lutte plus efficacement et durablement contre les odeurs que ses congénères industriels.

Ce déodorant a un inconvénient majeur : il fond autour de 25°C. Pour résoudre ce problème, la solution se trouve chez Clotilde : ajouter un peu de cire, fusible à plus de 60°C, ce qui permet de maintenir le déodorant solide en toutes situations, y compris lors de votre trek sous les tropiques ! Les véganes peuvent opter pour la cire végétale de candelila.

La cire permet également d’éviter que le déodorant, en fondant, ne se déphase et que la partie huileuse ne flotte en surface tandis que la fécule et le bicarbonate sédimentent au fond du pot, vous laissant, lorsque le déodorant est bien entamé, avec une masse de bicarbonate un poil irritante pour les aisselles.

→ Ainsi, si vous constatez que votre peau est rouge et douloureuse après application du déodorant, c’est que le bicarbonate de soude est trop concentré ! Ajoutez un peu d’huile de noix de coco fondue et mélangez. Croyez-moi, c’est du vécu !

déodorant naturel coco bicarbonate fécule

Déodorant à l’huile de coco

Pour 1 pot

  • 100 g d’huile de noix de coco
  • 12 g de cire (d’abeille ou de candelila) (facultatif)
  • 60 g de bicarbonate de soude
  • 40 g de fécule de maïs
  • 10 gouttes d’huile essentielle de palmarosa (facultatif)

Faire fondre doucement l’huile de coco et la cire. Lorsque le mélange est liquide, ajouter les autres ingrédients, en tamisant le bicarbonate et la fécule. Fouetter énergiquement pour éliminer tout grumeau.

Verser dans un pot et laisser refroidir en remuant régulièrement : au départ, lorsque huile et cire sont liquides, le bicarbonate a tendance à sédimenter ! Conserver à température ambiante.

Remarque : ne pas appliquer sur une peau fraîchement épilée / rasée, le bicarbonate de soude pourrait vous irriter !

..

A la prochaine fois pour parler des soins du visage et des cheveux…

124 Replies to “Beauté Green : le corps”

  1. Très bon article, je te salue pour ces conseils et astuces de chef ;)

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  3. Coucou Hélène, merci infiniment pour ton blog et tes articles super intéressants! J’espère que de plus en plus de personnes se rendront enfin compte que les industries nous empoisonnent petit à petit et qu’il faut se poser les bonnes questions et agir en conséquence. En plus, qui de nos jours sait lire les étiquettes des ingrédients.. c’est du chinois!!! J’ai également lu récemment un article concernant les « nanoparticules » présents dans la fabrication des cosmétiques (surtout dans les crèmes solaire et le maquillage), se sont des particules non organiques tellement petites, qu’elles arrivent à pénétrer au coeur de nos cellules et finissent par provoquer à la longue des cancers et autres maladies!!!
    Pour ma part, j’utilise comme déodorant une goutte d’huile essentielle de Palmarosa sous chaque bras (cela fait une année environ que j’utilise ce déo et sur moi il est très efficace et très simple à appliquer ou à emporter). Concernant la crème solaire, j’utilise de l’huile d’avocat mélangée avec l’huile de Karanja (trouvée sur aroma-zone.com). Pour le maquillage, j’utilise de la poudre d’amidon de maïs mélangée avec de la poudre de cacao et de cannelle.. on trouve de nos jours pleins de recettes naturelles à faire soi-même et ça c’est très très très chouette ;-)

    1. Bravo et merci pour toutes ces astuces !

  4. Merci, je vais tester ça.

  5. Bonjour Hélène,
    Je viens de fabriquer mon premier déo bio grâce à votre recette. Merci car grâce à sa simplicité et ses odeurs alléchantes je me suis lancée. Je ne veux plus m’intoxiquer avec tous ces produits chimiques, j’ai commencé par le frigo et maintenant cosmeto! Mon vinaigre blanc macère avec des écorces de citron car j’ai bien l’intention de virer aussi les toxiques ménagers. Une toute petite question: j’aimerai en fabriquer pour mon homme mais l’odeur plutôt « féminine » le gène, savez-vous quelle HE je peux mettre pour une odeur plus mec :D ? Merci

    1. Bonjour Gali !!! Déjà, on peut trouver dans certains magasins bio une huile de coco désodorisée. Mon homme aussi préfère sans l’odeur de coco. Sinon, pour les HE masculines, je crois que les senteurs type cyprès, pin, santal. Le vétiver est fantastique aussi. Sinon, sauge ? Ravie que vous trouviez votre bonheur ici !

  6. Bonjour, et oui tous ces cosmétiques issus de la pétrochimie, ça fait peur ! Pour prendre soin de son corps au naturel, rien de mieux qu’un bon savon surgras de fabrication artisanal par saponification à froid !

  7. Bonjour ! Je teste ton deo depuis presque deux semaines mtnt Et je suis très satisfaite par rapport à son efficacité ! Par contre depuis qq jours, Ca me picote un peu, penses tu que cela m’irrite ? Que puis je faire pour arranger ça ? Merci d’avance pour ta réponse !

    1. C’est après que tu te sois épilée / rasée ? Le bicarbonate est un peu aggressif, certaines peaux ne le tolèrent pas très bien. Peut-être peux-tu ajouter un peu plus d’huile à ton déo, pour diluer le bicarbonate ? Et fais attention à utiliser du bicarbonate en poudre fine pour éviter les gros cristaux abrasifs sous les bras ;-)

  8. Wow, article très complet ! Je viens de me mettre au layering bio depuis un peu moins de deux mois. J’ai également échangé mon shampooing [email protected] (je viens de très loin avec [email protected], Ren& Fµrterer et surtout [email protected]&Sh*ulders ahah) contre un shampooing bio (qui comporte des tensio-actifs doux mais c’était juste histoire de faire une transition doucement), mais comme le shampooing de [email protected] n’est pas complètement abominable je m’en suis très bien sortie dès la première application. Je finis mes flacons et je passe à du shampooing sans tensio-actifs :D
    Je finis également mon stock de vilains gels douche de grande surface puis je passerai au bio aussi (savon noir me voilà !). Mon copain me tanne à me demander sans arrêt quand est-ce que l’on va passer enfin aux shampooings et gels douche bio :P

    Je n’aime pas trop passer du temps à frotter mon corps (c’est qu’il y a une grande surface quand même !), tu penses que ça suffit d’utiliser un gel douche bio pour entretenir le film hydrolipidique ?

    En tout cas félicitations pour cet article de qualité, bonne continuation et à bientôt !

    Elo’

  9. Bonjour Hélène,
    J’utilise et j’offre ton déo avec plaisir, mais je me demande toujours si la cire et l’huile qui sont hydrophobes ne créent pas une interface qui empêche la peau de respirer et d’évacuer les toxines du corps. Pourrais tu m’éclairer à ce sujet?
    Merci beaucoup !
    Rien à voir mais j’en suis à mon deuxième pain protéiné, j’y mets des olives et du zaartar c’est absolument délicieux, et ça a révolutionné ma vie (et celle de mon amoureux ;), merci pour ta créativité. Tu m’impressionnes: entre les blog ta thèse etc, tu sembles tout gérer super bien, bravo!)
    Bien à toi,
    Loren

    1. Je ne pense pas, non. Si tu transpires quand même – ce qui devrait être le cas – c’est que ça ne bouche pas les pores. Pour moi, ça semble marcher, ça ne m’empêche pas de transpirer mais au moins, je sens le bébé propre.
      Cool pour le pain, ta version semble fabuleuse !!! Bon week-end !

      1. Merci Hélène pour ta réponse ! Bon week-end à toi aussi !

  10. Bonjour,

    Merci pour votre blog, découvert depuis quelques mois . J’ai enfin sauté le pas depuis le temps que je voulais éliminer la viande; le web est formidable pour cela; car dans tous mes livres de recettes, je n’aime ou ne peux faire que quelques plats: j’ai même ramené un livre à Cultura car les ingrédients étaient introuvables. Ma fille est devenue vegan et mon mari et mon fils se rattrapent en dehors de la maison.
    Par contre, j’ai raté mes betteraves fermentées ( trop d’air ?) et mon déodorant est devenu un gommage: mais c’est ma faute: je n’est pas de balance très précise.
    Continuez à alimenter ce blog, mon chouchou avec 100% végétal. Toutes vos explications sont parfaites , pour comprendre le fonctionnement des éléments utilisés.
    Bonne journée.

  11. Hello !
    Merci pour ton blog, il est vraiment le premier qui m’ait inspiré ! J’essaie depuis de changer la routine, je fais petit à petit.
    J’utilise pour la douche du savon de Marseille (du vrai, et il est à l’huile d’olive), est ce que c’est vrai que ça agresse trop la peau ? Ou puis-je trouver du vrai savon d’alep ? Je n’arrive pas à trouver la vraie composition du savon d’alep alors même si je lis les étiquettes je ne suis jamais sûre..
    Dernier point, je ne parviens pas à trouver d’huile de Macadamia dans les magasins bio ! Je suis tellement déçue, j’avais vraiment envie d’essayer !

    1. Bonjour Emma ! Oui, c’est un peu agressif, mais ça dépend aussi des gens. Sur moi, pas de problème, sur mon amoureux, c’est pas top. Et puis, à moins d’avoir fait beaucoup de sport, ça n’est pas nécessaire de savonner tout le corps (juste les zones « sensibles » que tu imagines ;-) ). Le savon d’Alep, ça se trouve en magasin bio. Peut-être aussi en pharmacie ? Tu peux utiliser une autre huile pour le corps : sésame, noisette ou coco, ou du beurre de karité (en magasin asiatique, c’est encore moins cher).

  12. Super article très complet !
    J’utilise de la fécule de mais seule sur mes aisselles comme déodorant… et le dentifrice ( huile de coco/ aloe vera et argile blanche )..
    Ce que j’aime dans la cosmétique green c’est la simplicité :))

    Bises ;)

    1. Génial, bravo, c’est si simple… Bises

  13. Suite aux questions …
    …. pour remplacer le savon d’Alep dans les « zones critiques » dont tu parles,
    que penses tu de le remplacer par du miel ? (comme il est nettoyant)

    Bien à toi !

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